Tintin et Zézette au pays du Guacamole

Le voyage de noces d'Anouk et Philippe au Guatemala et au Mexique. (Merci Stéphane pour le titre).

23 janvier 2006

Fin de séjour sur la Riviera Maya

pict1322Nous sommes réveillés par une sorte d'entrain naturel vers 7h. Encore une fois, le jour nous a précédé, ainsi que le soleil mexicain. Voulant bien profiter de notre matinée pour traînasser et lire sur la plage, nous nous rendons directement au bar de plage de l'hôtel pour y prendre le petit-déjeuner. Déjà, une bise légère nous salue au passage et rosit nos joues bien reposées. Le bar ouvre à peine, d'autres clients attendent déjà, et les garcons de l'hôtel s'affairent à ranger le dernier arrivage de boissons et de canettes. On nous demande d'attendre encore une demi-heure. Nous décidons d'aller marcher sur la plage pour profiter des embruns. Nous mettons le cap au sud, à l'opposé des ruines de Tulum. Quelques hôtels construits sur la plage arborent leurs bungalows "mayas" et leurs restaurants avec vue, plus loin deux nudistes égarés tentent d'imiter le lotus pour saisir toute l'énergie cosmique qui se dégage de cette matinée resplendissante, à côté de nous des joggers profitent du sable bien dammé de la plage pour dérouler leurs courageuses foulées. Arrivés à une zone rocheuse qui barre la plage, nous rebroussons chemin et reprenons la direction de notre lointain petit-déjeuner. Nous sommes de retour une demi-heure plus tard. Une équipe de photos de mode a investi notre plage et notre bar pour y préparer les séances de prises de vues avec deux jeunes mannequins féminins simplement vêtus de maillots de bain. Dix personnes en tout pour quelques photos suggestives en bord de plage, les pieds dans l'eau. Pour mener à bien l'opération, un jeune homme mesure la lumiére, le bras tendu, tandis que deux autres agrippent fermement un paravent rectangulaire déflecteur de lumière. Le photographe s'agenouille dans l'eau pour prendre le premier mannequin surmaquillé en contre-plongée. Un autre homme, la cinquantaine bien conservée, séducteur grisonnant sur le retour, petits mollets et lunettes de soleil de marque, arrange négligeamment la mèche tombante de l'un des mannequins, tandis qu'une femme très chic rectifie la tenue de la jeune fille, refaisant un noeud de bikini ou remontant une bretelle. Deux autres personnes trient les photos sur un ordinateur portable posé à même une table du bar, tandis qu'une ultime collaboratrice s'occupe des sandwichs et des boissons de l'équipe. C'est très intéressant à observer, mais pendant ce temps-là, nous attendons notre petit-déjeuner. Et il nous faudra attendre une heure en tout pour réussir à planter la première fourchette de nos pancakes et salades de fruits du matin.

pict1291Nous partons ensuite faire nos sacs en prévision d'un départ qui nous est imposé à 11h. A notre retour sur la plage, vers 9h40, nous avons la très mauvaise surprise de voir un gros nuage stationné au-dessus de nos têtes médusées. Le vent s'est dangereusement levé, comme dans ses plus mauvais jours, et les premières gouttes de pluie commencent à battre le sable blanc. Nous courons bientôt à notre chambre et décidons d'anticiper notre départ. Nous récupérons le passeport d'Anouk - laissé en gage - et je cours sous la pluie jusqu'à l'entrée de l'hôtel, au bord de la route, pour héler un taxi qui, comme par un fait exprès, se fait rare. Au bout de quelques minutes, nous sommes sauvés par un chauffeur égaré et engouffrons nos bagages dans le coffre de notre transporteur. Ce faisant, j'abandonne ma séance d'apnée dans le site "Hidden Worlds", des cavernes souterraines apparemment impressionnantes où ont été tournés plusieurs films (imax et film d'horreur), car le très mauvais temps, quasi diluvien, m'en ôte toute envie.

Arrivés à la gare routière, nous apprenons que le prochain car Mayab est dans une demi-heure et nous décidons alors de prendre un taxi collectif. Nous partons tout de suite et prenons sur le bord de la nationale tous les clients qui agitent la main. Le système de communication radio des chauffeurs de taxis collectifs les rend efficaces et certainement très rentables. Nous faisons quelques détours par des villages typiques que nous n'aurions sans doute jamais vus par ailleurs, des regroupements de maisons hybrides, toujours avec ces étages non terminés, comme dans beaucoup de pays méditerranéens. Nous arrivons à Playa del Carmen vers 12h15, juste au bon moment pour trouver notre nouvel hôtel. Anouk nous choisit un bel hôtel avec chambres en promotion - il faut dire que c'est le début de la basse saison pour le tourisme. Les effets conjugués du mauvais temps qui insiste et de la basse saison touristique donnent à Playa del Carmen un air squelettique avec ses rues désertes et ses touristes devenus tout à coup plus rares. C'est ainsi que nous terminons notre parcours - rendu de plus en plus difficile par le poids toujours croissant de nos gros sacs-à-dos - à l'hôtel "Hacienda del Caribe". Avenida 2 Norte, beau patio troué d'une petite piscine, belles chambres spacieuses, mais un peu sombres, et la promesse d'une eau bien chaude 24h/24. Nous avions abandonné notre projet d'hôtel de luxe, tout inclus - ce qui nous aurait coincés à l'hôtel -, pour avoir l'occasion de profiter une dernière fois de l'ambiance sympathique des soirées animées de l'avenue piétonne de Playa.

Nous repartons pour terminer toutes nos activités de vacances, et en priorité : trouver le bureau de poste pour expédier les dernières cartes postales. Les explications assez contradictoires des indigènes qui nous renseignent nous feront tourner deux fois en rond avant de trouver le bureau de poste miteux pour acheter le dernier timbre qui nous manquait. Au retour, nous décidons d'aller déjeuner dans le meilleur restaurant gastronomique de Playa d'après notre guide et certains magazines locaux que nous avions consultés dans nos précédents hôtels : le "Yaxche", temple de la cuisine maya originale. Nous choisissons un déjeuner de tacos "fin gourmet" que nous sélectionnons effectivement en amateurs gourmands : tacos de langouste, tacos de poisson, tacos d'arrachera (viande de porc marinée et grillée) et soupe de légumes avec un épi de maïs qui flotte au milieu. C'est délicieux et nous décidons de retenir cette bonne adresse pour notre dîner du même jour. Nous repartons à l'hôtel nous reposer. Les rues de Playa sont mornes, l'ambiance que nous avions tant appréciée quelques jours plus tôt n'est plus, tout nous évoque déjà une atmosphère de fin de séjour. Nous passons prendre nos billets pour l'aéroport pour le lendemain matin 9h et regagnons nos chambres pour nous reposer.

Deux heures et trente minutes plus tard, nous nous réveillons avec une avant-dernière mission : trier nos affaires pour alléger nos sacs avant le grand départ. C'est le moment de sortir tout notre linge, apporté dans l'idée de le laisser finalement sur place. Nous jetons à la poubelle tous les dépliants et prospectus que nous avions accumulés pendant notre périple et ne gardons que le strict minimum pour l'album photo. Nous prenons ensuite le chemin de la Croix Rouge Mexicaine qui a un bureau médical Avenida Juarez. Nous déposons nos 3 k de linge et quelques médicaments. Un tiers des vêtements est sale, nous n'avons pas eu le temps de le donner à la laverie, mais heureusement ils nous disent qu'ils prennent tout : nous donnons tout. Nous repartons ensuite, allégés, contents de ce qui nous a semblé être une toute petite bonne action, même si ne savons pas vraiment ce que sera le sort de nos anciens vêtements. Sur le chemin du retour, nous inspectons tous les magasins de souvenirs à la recherche de dernières petites babioles-souvenirs. Le choix est vaste, nos sacs sont petits et notre poids en soute et en cabine limité. Nous faisons au mieux pour éviter les gadgets ridicules, tout en restant dans la couleur locale. Le butin de cette fin de journée est rapporté à l'hôtel. Et nous repartons encore dans la Quinta, entrons dans de nombreux nouveaux magasins, chinons, regardons, tatons, examinons, et terminons notre parcours dans notre restaurant du déjeuner. Ce soir, le restaurant est plein, quelques musiciens mexicains arpentent les rues, mais avec moins de conviction que trois jours plus tôt. Nous commandons : des crevettes cuites à la vapeur dans une feuille de banane repliée pour Anouk et une queue de langouste grillée au citron pour moi. Nous nous laissons aller gastronomiquement pour notre dernière soirée sur le sol mexicain.

Mais voilà, nous n'avons pas mis à jour notre blog depuis deux jours et nous terminons la soirée dans un bar-café internet, rempli d'Américains et de jeunes Américaines bruyants qui regardent les grands écrans plasmas accrochés au plafond qui retransmettent matchs de foot, matchs de tennis et clips musicaux. L'ambiance est très conviviale, la musique est 100% américaine et le niveau sonore conséquent. Anouk et moi bûchons dur pour avoir terminé notre blog de vacances avant demain. Anouk prend en charge la difficile mission de corriger les accents et les fautes de frappe et d'orthographe des premiers jours, tandis que je fais mes premières tentatives de mise en ligne de quelques photographies pour les 5 ou 6 premières journées : nous avons de la chance, c'est le premier café internet qui dispose d'un programme de traitement d'image pour réduire nos photos digitales : merci à la société Ulead pour sa version de démonstration de PhotoImpact 7.

Il est deux heures trente du matin, ce blog nous aura absorbé toute notre énergie de la nuit. Nous avons quelques inquiétudes pour le lever demain matin, jour du départ. Nous repartons pour notre hôtel et une dernière nuit au Mexique, dans l'Etat du Quintana Roo. Les rues sont totalement désertes, semi-éclairées, on a l'impresion de circuler dans des studios de cinéma, passant devant les décors peints d'un Mexique imaginaire, mais vide de ses acteurs et nombreux figurants. Arrivés devant notre hôtel, surprise : les grilles sont toutes cadenassées. Moment de stupeur, hésitations. Nous utilisons notre plus grosse voix pour appeler quelqu'un, un gardien de nuit peut-être. Personne. Anouk se voit déjà obligée de dormir dehors, sur le pavé. Nous examinons les grilles pendant quelques minutes et envisageons leur escalade. Cependant, les piques fixées en haut des barres métalliques nous impressionnent et nous font redouter les conséquences funestes du moindre dérapage ou faux mouvement. Nous appelons de nouveau, le guichet de l'entrée est allumé et cette gamme d'hôtel possède certainement un portier. Finalement, alors que nous allions partir à la recherche d'une solution de secours, un jeune homme arrive et nous permet enfin d'accéder à notre chambre. Nous voilà couchés pour 4 heures de sommeil avant notre réveil que nous avons fixé à 7h et que nous avons confié aux soins du concierge.

Posté par guilbertph à 08:25 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

hola!

salut Phil!
Ben dis-donc quel roman!
Je viens juste de lire ton journal d'aujourd'hui!Tu devraais te mettre à l'écriture d'un livre sur les voyages parce-que t'as du talent, et le fait d'avoir lu chaque ligne avec envie, j'ai bien envie d'aller faire un tour au Mexique!Malheureusement, j'ai pas eu le temps de lire et voir ton merveilleux voyage, mais quand le temps me permettra, je vais tout regarder!
Gros Bisous!

Béa

Posté par Vanille, 24 janvier 2006 à 10:44

Le sens du détail

Extra la description du "shooting"
-----
"Et nous repartons encore dans la Quinta, entrons dans de nombreux nouveaux magasins, chinons, regardons, tatons, examinons, et terminons notre parcours dans notre restaurant du déjeuner."
Excellent !

Posté par Pattt, 30 janvier 2006 à 11:38

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=97438&pid=1264161

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :