Tintin et Zézette au pays du Guacamole

Le voyage de noces d'Anouk et Philippe au Guatemala et au Mexique. (Merci Stéphane pour le titre).

22 janvier 2006

Ruines mayas de Cobà

pict1364Lever à 7h30 aujourd'hui, le jour nous attend. Frais et dispos, nous sortons pieds nus sur le sable chaud, contemplons la belle lumière du matin qui se reflète sur la mer des Caraïbes et traversons le large espace de sable blanc qui nous sépare du restaurant de l'hôtel pour prendre notre petit-déjeuner. Au menu : toasts et salade de fruits, vue sur la mer et sur ses admirateurs matinaux qui courent déjà le long de la plage ou sont assis en lotus face aux vagues. Nous partons bientôt en quête d'un taxi pour rejoindre le Terminal de la gare routière. Notre destination du jour : les ruines mayas et sauvages de Cobà. Une heure de bus. Nous traversons toujours cette même forêt de feuillus qui ressemblent vaguement à des boulots émergeant de la friche. La route est mauvaise, en travaux pour élargissement et réfection. Nous apercevons beaucoup de huttes semi-traditionnelles, avec leurs toits de chaume local qui couvrent souvent un mur de tiges de cannes à sucre mal ajustées ou des rangées de parpaings. La pauvreté fait irruption au beau milieu de petits terrains défrichés au carré. Tous ces hameaux vendent des souvenirs que nous connaissons maintenant bien : masques, tissus, nappes, robes traditionnelles blanches brodées, petits couteaux d'obsidienne, etc. Le bus file et les étals poussiéreux, perdus en pleine forêt,  déserts, nous font une drôle d'impression de totale perdition. Nous arrivons bientôt dans le village de Cobà et ses quelques maisons bricolées, assemblées d'un rez-de-chaussée bétonné et d'un premier étage hypothétique, souvent simplement suggéré par quelques tiges filetées qui pointent vers le ciel. Nous nous rendons à pied à l'entrée du site.

pict1329Arrivés aux guichets de l'entrée, très simples, beaucoup plus simples que tous ceux que nous étions habitués à voir jusqu'à présent, un guichetier avachi sur sa chaise nous informe que l'accès au parc archéologique est gratuit le dimanche. Nous entrons donc, pressés de découvrir ces ruines envahies de végétation. Comme le site est très étendu, certains vestiges étant distants d'un kilomètres les uns des autres, nous achetons deux petits plans avec les principaux vestiges et louons deux vélos pour faciliter nos déplacements à l'intérieur de la zone. Des chauffeurs de tricycles nous proposent leurs services de taxis sur trois roues, un petit charriot poussé par un vélo, mais nous préférons notre liberté de mouvement. Le parc nous permet de voir deux très beaux terrains de jeu de pelote, à mon sens les plus beaux et les mieux conservés et/ou restaurés que nous ayons vus jusqu'à présent - mais différents de ceux de Chichen Itzà. Leurs étroites allées centrales et leurs murs latéraux bien inclinés, leurs anneaux bien largement creusés et leurs dalles ornées d'une tête de mort nous impressionnent beaucoup. On réussit presque à s'imaginer les joueurs courant d'un bord à l'autre du terrain pour faire passer leur balle de lourd caoutchouc à travers les anneaux de pierre en surplomb. Les pyramides quant à elles sont moins imposantes que celles des autres sites, sauf deux, l'une aux angles tout arrondis formant un bel ovale, étrangement sans temple au sommet, et l'autre, la plus connue, la plus haute de toute la péninsule du Yucatan, haute de plus de 42 mètres, Nohoch Mul.

pict1380Au pied de la grande pyramide, des touristes francophones débattent à côté de nous :
- "Ouais, ils disent que c'est haut, mais si on réfléchit bien, c'est pas plus haut qu'un camion finalement".
- "Attends, un camion, c'est pas plus de trente mètres, non ?"
- "Ah oui, trente mètres, c'est bien le maximum."
- "Ah bon, parce que là, elle fait 42 mètres quand même, cette pyramide !"
- "Ouais... bon... ok, 12 mètres de plus. T'avoueras que c'est pas beaucoup plus...quand même."

pict1383Sur ces considérations bien mesurées, nous décidons d'y monter. Anouk hésite beaucoup, la simple inclinaison de la pente, vue d'en bas, lui donne le vertige. Elle décide tout de même de m'accompagner, luttant contre sa peur. Une corde, placée au milieu des marches, aide les plus angoissés à monter ou à descendre. Finalement arrivés au sommet, nous jouissons d'une vue panoramique sur une étendue de forêt à perte de vue, ponctuée du sommet de notre pyramide ovale et... des toits de l'hôtel du Club Med, construit à quelques centaines de mètres de là, au bord du lac qui alimente la région. La contrée est sauvage et le silence est simplement interrompu par quelques cris d'oiseaux qui se chamaillent. Au retour, nos vélos sans palliers de vitesse peinent un peu - et nous avec - au moment de surmonter un décrochage surélevé du chemin principal : il s'agit de tronçons encore visibles de l'ancienne voie maya qui reliait le site de Cobà au site de Chichen Itza, à plus de cinquante kilomètres de là. Cette voie, haute de 50 cm et large d'au moins deux mètres, devait permettre les échanges économiques et le transfert des troupes. Nous accédons ensuite au dernier groupe de vestiges, de petits autels surmontés de stèles.

pict1428Les stèles gravées dont tous les glyphes ont été irrémédiablement rongés par le temps - celui qui passe et celui qu'il fait - marquent l'accomplisssement d'un cycle calendaire. C'était très certainement un lieu de fêtes et de cérémonies civiles de grande importance. Nous sommes involontairement accompagnés par un groupe d'étrangers anglophones aux allures patibulaires, sévèrement tatoués, longues barbes, cheveux tombant sur les fesses, avec un petit air "Easy Rider". Leur intérêt pour le site etait réel et leur visite ponctuée de commentaires historiques très intéressants. Après 2h30 de visite à vélo, nous prenons le chemin du retour. Avant de reprendre notre bus, nous prenons un déjeuner de salades et de guacamole dans une gargote faisant face au lac qui semble avoir récemment débordé, mais qui a été contrarié par une nouvelle petite digue de sable surmontée d'une route provisoire.

A 15h20, nous reprenons notre bus et rentrons à Tulum. A l'hôtel, lecture, repos, nous profitons de la petite heure qui nous reste avant le coucher de soleil et le déclin du jour, qui arrivent très vite. J'en profite pour prendre un bain, seul, dans l'eau un peu fraîche de la Mer des Caraïbes. Comme à son habitude, le vent se lève et se met à souffler très fort, mais il ne réussit pas à nous empêcher pas d'aller dîner vers 20h au bon restaurant de l'hôtel : gambas à l'orange pour Anouk et gambas au lait de coco pour moi. Soirée tranquille de lecture et bientôt le sommeil, bercé par le vent.

Posté par guilbertph à 07:10 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Petite perle

"cette même forêt de feuillus qui ressemblent à des boulots"
Ne me dis pas que tu pensais déjà à la rentrée ?

Posté par Pattt, 30 janvier 2006 à 11:29

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