21 janvier 2006
Le parc "Xel-Ha"
Ce matin au réveil, il fait un temps magnifique. Nous sommes à l' Est et le soleil a dû se lever bien tôt. Tout excités par le programme de la journée, nous décidons de partir directement, sans même prendre le petit déjeuner, pour le parc d'attraction "Xel-Ha" situé à une quinzaine de kilomètres de Tulum. Nous nous mettons sur la route et hélons le premier taxi qui passe pour rejoindre Tulum village. Nous avons de la chance : le bus de 8 heures 30 est bien en retard et nous pouvons y monter, sauf que nous n'avons pas de places assises, mais ici, pas de règles de sécurité très strictes, cela ne gêne pas le conducteur d' envoyer ses SMS en conduisant avec une vingtaine de passagers debout dans l' allée centrale ou tout contre le pare-brise. Heureusement, il ne roule pas trop vite, un petit signal sonore l'avertit s'il dépasse la vitesse limite et notre trajet n'est pas très long.
Nous arrivons au parc et prenons la journée "todo incluido", ce qui nous paye en plus de l'entrée et de l'accès aux activités, la location des serviettes de bains, du masque et du tuba, des palmes et du gilet de sauvetage, ainsi que tous les repas et toutes les boissons de la journée. Nous attaquons par un copieux petit-déjeuner et nous jetons à l'eau (un peu fraîche au départ) pour une heure de "snorkeling" : dans ces magnifiques eaux émeraudes et turquoises, nous nageons et observons les poissons exotiques qui rappellent nos contrées lointaines (l'île Maurice, les Seychelles...). A un moment donné, nous arrivons au pont flottant et sommes cernés d'énormes poissons argentés à grandes dents et grands yeux tout ronds qui font penser aux carangues de la Réunion, pas des requins, mais des animaux marins assez impressionnants quand même ! Tandis que Philippe le téméraire reste parmi la bande au moment du repas des bestioles fournis par le gardien de l'endroit - mais prenant quand même bien soin de replier tous ses doigts afin qu'ils ne soient pas pris pour des sardines -, je sors vite fait de l'eau. Ensuite, nous nous promenons dans les allées bordées de palmiers, cocotiers, orchidées et autres feuillus exotiques et il est bientôt l´heure de rejoindre le tant attendu bassin des dauphins !!!
Cette activité n'était pas inclue dans le forfait, mais nous n'avons pas hésité une seconde, tellement nous rêvions tous les deux depuis la plus tendre enfance de pouvoir nager avec des dauphins... et n' est-ce pas merveilleux de pouvoir réaliser un rêve commun lors de son voyage de noces ? Nous écoutons tout d' abord très attentivement les consignes liées à la conduite à tenir en présence des dauphins : ces animaux très sensibles adorent les caresses, mais pas trop sur la figure ou sur le ventre ou la queue s'ils ne montrent pas ces parties-là volontairement. On peut les caresser avec la paume de la main, mais il faut éviter de les griffer ou de leur boucher l'orifice qui leur sert à respirer et à émettre des sons, qui, comme nous le dit leur "maître-nageur", constitueraient un véritable langage structuré. Ces mammifères marins sont absolument fascinants et c'est avec grand plaisir que nous nous immergeons dans leur bassin. Pour commencer, photo oblige : chaque touriste pose avec le dauphin à ses côtés et une heure plus tard, au moment des adieux, un dauphin nous fera même la bise ! Nous pouvons ensuite flotter grâce à nos super gilets de sauvetage et les dauphins batifollent parmi nous, passent entre nous, se laissent caresser et se mettent parfois sur le dos, nous offrant au regard leur partie ventrale toute blanche. On pourrait passer des heures entières à les regarder nager autour de nous et à les toucher. Ils nous font aussi des démonstrations de quelques pirouettes très amusantes et, le must, chacun d'entre nous a droit à un "foot-push" : on s'allonge sur le ventre à la surface de l'eau, jambes bien tendues et légèrement écartées, bras en croix, et, au signal, deux dauphins viennent nous pousser par la voute plantaire à la force de leur bec. Ce qui donne une Anouk et un Philippe miraculés, marchant sur les eaux et fous de joie ! C' est vraiment hyper sympa ! Philippe avait bien attaché l'élastique de son maillot de bains à son gilet de sauvetage, ca peut paraître étrange comme ca, mais son maillot aurait eu tendance à descendre jusqu'en bas lors de cette course effrénée et là, la photo aurait été encore plus drôle, style "les bronzés au pays du Guacamole"... Car là aussi, on a droit à la photo et à la vidéo qui sont ensuite vendues très cher à la sortie. Mais le photographe rate Philippe et ce veinard a le droit de recommencer sa pirouette avec les dauphins ! Pendant que nos amis se reposent un peu et recoivent leur récompense non en susucre mais en sardines et en harengs (un petit apéro en comparaison aux 11 à 20 kg de poisson qu'ils engloutissent chaque jour !), nous observons leurs mâchoires, leur système reproducteur et écoutons leurs petits cris. Des petits cris qui se transformeront en de véritables chants lorsque nous jouerons les chefs de choeur quelques instants plus tard ! C'est alors que Philippe et moi nous retrouvons seuls avec deux dauphins qui dansent et chantent pour nous ! Magique !
Et voilà, le spectacle prend fin et nous repartons tout émerveillés. N'ayant perdu ni le Nord, ni leur sens du commerce, les gentils animateurs nous dirigent vers le site high-tech de photos digitales et nous pouvons voir leurs clichés et même le petit film de la séance. Nous l'avons d'ailleurs acheté et certains d'entre vous pourrons en profiter lors de séances de projection privées. Cette expérience fut vraiment unique et inoubliable. Pour nous remettre de nos émotions, nous nous engouffrons dans le premier restau qui se présente et dégustons encore une fois des spécialités mexicaines accompagnées de vin rouge. Après le repas, nous retournons à l'eau, barbotons entre les grottes, marchons dans une partie de jungle magnifique du lieu et sommes surpris par un petit orage passager. Après la tempète, nous profitons de l'alcalmie pour nous rendre au départ de la rivière que l'on peut descendre sur une grosse bouée deux places. Nous traversons une impresionnante mangrove et suivons très lentement le cours de la petite rivière qui se jette ensuite dans la mer. Au final, agacé par la faible vitesse de la descente, Philippe préfère nager et je me fais conduire sur les flots, poussée par un apnéiste pressé. Nous traversons une magnifique mangrove et débouchons sur le lac. L'étrangeté de tout ce paysage, juste après la mangrove, réside dans le fait que les arbres semblent pouser directement sur des pierres, sans couche d'humus intermédiaire. Nous arrivons finalement au dernier ponton de notre traversée et rendons notre matériel - les tubas nous sont offerts. Nous dégustons encore une glace, inquièts par le temps qui demeure nuageux. Nous nous dirigeons enfin vers les casiers et nous préparons au départ. Nous avons passé une très bonne journée qui est passée trop vite.
Nous rentrons au pueblo de Tulum avec le bus, hélé au bord de la route. Toujours debout dans le bus bondé, nous nous accrochons où nous pouvons. Devant nous, un jeune barman indigène consulte son livre de cocktails qu'il doit apprendre par coeur. Dur métier, mais il nous dit en connaître déjà une cinquantaine. Le chauffeur roule à 80 km/h tout en composant ses SMS sur son portable. Autant vous dire que sa vigiliance sur la route était extrêmement réduite. Arrivés malgré tout sains et saufs à Tulum, nous décidons de prendre le dîner dans une pizzeria tenue par une Italienne déracinée pour changer un peu des pâtes de maïs qui nous accompagnent depuis deux semaines déjà. Pas une grande réussite. Des pizzas aussi tristes que leur patronne qui gémit sur les changements en cours au Mexique. Nous rentrons en taxi et regagnons notre chambre en pleine nuit.
Commentaires
Changement de style
Facile à repérer : il y a moins de vaseuses ;-)
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