Tintin et Zézette au pays du Guacamole

29 janvier 2006

Présentation du blog

BIENVENUE SUR LE BLOG
DE NOTRE VOYAGE AU GUATEMALA ET AU MEXIQUE
Du 04/01/2006 au 24/01/2006

Nous sommes partis en "routards", avec un sac-à-dos, un billet d'avion dans la poche et un itinéraire en tête. Destination : le Guatemala et le Mexique pendant trois semaines. Un très beau voyage de noces que nous avons le plaisir de vous présenter aujourd'hui.

Bienvenidos a nuestro blog !

Notre itinéraire (carte)

mexique_parcours

Déroulement du séjour

04/01/2005 : Départ de Paris 11/01/2006 : San Cristobal 18/01/2006 : Chichen Itzà
05/01/2006 : Houston 12/01/2006 : Canon del Sumidero 19/01/2006 : Playa del Carmen
06/01/2006 : Antigua 13/01/2006 : San Cristobal 20/01/2006 : Tulum
07/01/2006 : Antigua 14/01/2006 : Toninà - Agua Azùl - Misol Ha 21/01/2006 : Xel-Ha
08/01/2006 : Lac Atitlàn 15/01/2006 : Palenque 22/01/2006 : Cobà
09/01/2006 : Lac Atitlàn 16/01/2006 : Merida
23/01/2006 : Playa del Carmen
10/01/2006 : Transfert au Mexique 17/01/2006 : Merida - Uxmal 24/01/2006 : Départ de Cancun

Pour lire les détails de nos aventures tout au long de notre séjour,
il vous suffit de cliquer sur les dates des jours qui vous intéressent.
Remontez au mois de "JANVIER" dans le calendrier du blog,
en haut de page à gauche, et cliquez sur la date souhaitée.


Vous pouvez également retrouver le contenu de ce blog

au format livre sur  Lulu.com.

Blog sélectionné par VoyagerMoinsCher.com !


Posté par guilbertph à 19:19 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]


27 janvier 2006

Remerciements

Un grand merci, et plein de bisous, à tous nos gentils mécènes, à tous ceux qui - par leurs dons généreux - nous ont permis de réaliser ce très beau voyage de noces. Un grand merci également à tous ceux qui nous ont aidés à le préparer dans de bonnes conditions par des conseils judicieux, des prêts de livres spécialisés ou de guides. Mention spéciale et remerciements virtuels aux membres dynamiques de http://www.voyageforum.com qui nous ont beaucoup aidés.

A nos familles, à nos amis, nous disons :


Muchas Gracias !

Posté par guilbertph à 20:11 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

26 janvier 2006

Bilan financier de notre séjour

Nous avons lu beaucoup de questions de routards sur les aspects financiers d'un voyage au Guatemala et au Mexique.  C'est la raison pour laquelle nous avons eu l'idée de partager notre expérience avec ce petit rapport chiffré.

AVERTISSEMENT : si, dans l'esprit, nous sommes partis avec un simple sac-à-dos et un billet d'avion en poche, nos choix d'hébergements et de restaurants ne sont peut-être pas ceux de vrais "routards" sur toute la durée du séjour. Les chiffres qui suivent doivent donc être pris avec toute la prudence nécessaire.

BILAN GENERAL : L'hébergement dans les deux pays que nous avons visités n'est pas si bon marché qu'on le croit souvent quand on souhaite le minimum de confort avec de l'eau chaude 24h/24 et des toilettes privatives. En revanche, les prix des restaurants sont en général très corrects. Nous avons bien sûr aussi trouvé de vrais taudis à des prix imbattables et des cuisines de rue à des prix plus qu'attractifs, mais nous avons plutôt orienté nos choix vers des prestations plus proches de nos standards occidentaux.

BILAN FINANCIER DE NOTRE SEJOUR
(Calcul : coût total par catégorie divisé par 20 jours sans le vol ou par 21 jours avec le vol, le tout divisé ensuite par 2 personnes)

- Billet d'avion : 755,72 € par personne avec "Continental Airlines" Paris-Houston-Guatemala City / Cancun-Houston-Paris
- Hébergement (hôtels de catégorie moyenne, parfois chic) : 15,6 € par jour et par personne (souvent sans petit-déjeuner)
- Repas (matin, midi et soir au restau - on adore -, service 10% compris, pourboires) : 17,2 €  par jour et par personne
- Transports sur place (bus, taxi, colectivo, bateau, lancha) : 9,2 €  par jour et par personne
- Visites (entrées, consignes pour les sacs-à-dos, parfois un guide, quelques documents) : 4 €  par jour et par personne
- Journée au parc "Xel-Ha" avec options "dauphins" et todo incluido : 147,5 € pour la journée et par personne !! LA FOLIE !!
- Divers (cartes postales, timbres, internet, bouteilles d'eau, crème solaire, snacks, piles, journal, cinéma, laverie, etc.) : 7 €  par jour et par personne

MOYENNE DES DEPENSES TOTALES PAR JOUR ET PAR PERSONNE
(Transports+Hébergement+Repas+Visites+Divers)

  • Sans le vol, sans Xel-Ha : 53 €
  • Sans le vol, avec Xel-Ha : 60 €
  • Avec le vol, sans Xel-Ha : 88 €
  • Avec le vol, avec Xel-Ha : 95 €

En arrondissant au-dessus, un forfait de 100 € par jour et par personne, vol et extras compris. Il est alors facile de comparer avec les offres tarifaires des organismes de voyage en multipliant la durée de séjour proposée par 100. On doit y gagner un peu sur certains Tour-Operateurs qui proposent souvent de beaux hôtels, moins sur d'autres. Mais nous avons goûté avec grand plaisir cette liberté de mouvement et de choix qui fut la nôtre pendant trois semaines.

QUELQUES EXEMPLES DE PRIX PENDANT NOTRE SEJOUR - JANVIER 2006 :

Guatemala
- Petit-déjeuner : en moyenne 35 GTQ par personne (3,5 €)
- 4 piles LR6 pour appareil photo : 23 GTQ (2,5 €)
- 1 heure de connexion internet à Antigua : 10 GTQ (1 €)
- Lancha (bateau collectif) pour aller de Santa Cruz la Laguna à Panajachel : 30 GTQ (3,3 €)
- Trajet en mini-bus Panajachel-San Cristobal (Mexique) : 350 GTQ (38 €) [Sans doute négociable]

Mexique
- Trajet en taxi sans compteur à Merida intra muros : 30 MXN (2,4 €)
- Trajet en taxi sans compteur à San Cristobal intra muros : 20 MXN (1,6 €)
- Timbre mexicain pour l'Europe : 14 MXN (1,1 €)
- Ticket d'entrée sur les sites d'Uxmal ou de Chichen Itzà : 95 MXN (7,5 €) par personne
- Petit-déjeuner : environ 50 MXN par personne (4 €)
- Déjeuner ou Dîner : environ 100 MXN par personne (8 €), sans camarons, ni langouste, mais avec le service à 10% !
- 1 heure de connexion internet à San Cristobal : de 5 à 8 MXN (0,40 à 0,70 €)
- 1 heure de connexion internet à Playa del Carmen :  15 MXN (1,2 €)
- Ticket de Bus "Première Classe" ADO de Palenque à Merida : 300 MXN par personne (24 €) [Non négociable]
- 1 entrée à l'église de San Juan Chamula : 15 MXN (1,2 €)
- 1 bouteille d'eau à San Cristobal : 5 MXN (0,40 €)
- 1 ticket de bus Merida - Uxmal : 35 MXN (2,90 €)

Posté par guilbertph à 19:55 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

25 janvier 2006

Palmarès du Séjour

PALMARES DE NOTRE SEJOUR

1) Prix de la ville historique la plus intéressante

1er PRIX : ANTIGUA - GUATEMALA
2ème PRIX : SAN CRISTOBAL - CHIAPAS

2) Prix de la ville la plus agréable à vivre

1er PRIX : SAN CRISTOBAL - CHIAPAS
2ème PRIX : ANTIGUA - GUATEMALA

3) Prix de la ville la plus dynamique culturellement

1er PRIX : MERIDA - YUCATAN

4) Prix du plus beau paysage

1er PRIX : LAC ATITLAN - GUATEMALA
2ème PRIX : PLAGE DE TULUM - QUINTANA ROO
3ème PRIX : CANON DEL SUMIDERO - CHIAPAS

5) Prix du plus beau site archéologique maya

1er PRIX : UXMAL - YUCATAN
2ème PRIX : PALENQUE - CHIAPAS

6) Prix du site archéologique maya le plus diversifié

1er PRIX : CHICHEN ITZA - YUCATAN
2ème PRIX : PALENQUE - CHIAPAS

7) Prix du site archéologique maya le plus sauvage

1er PRIX : COBA - QUINTANA ROO
2ème PRIX : TONINA - CHIAPAS

8) Prix du meilleur rapport qualité/prix pour un hôtel

1er PRIX : "Casa Margarita" - SAN CRISTOBAL - CHIAPAS
2ème PRIX : "Posada Sian Ka'an" - PLAYA DEL CARMEN - QUINTANA ROO

9) Prix du meilleur restaurant gastronomique du séjour

1er PRIX : "Yaxche" - PLAYA DEL CARMEN - QUINTANA ROO
2ème PRIX : "La cuevita de los Urquizu" - ANTIGUA - GUATEMALA

Posté par guilbertph à 15:42 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

24 janvier 2006

Départ pour l'Europe

pict1324C'est le jour du départ, notre petit portier de nuit nous réveille à 7h, insiste, frappe une fois, deux fois, trois fois... Il ne s'en va pas avant d'avoir eu la preuve que nous étions bien réveillés ! Nous sommes donc obligés de nous lever et d'entrouvrir la porte pour lui donner le signe de vie qu'il attendait. Ou bien attendait-il autre chose de plus négociable dans ce bas-monde ? Nous conservons de ce point de vue une naïveté très touchante, pensant a priori que les gens des pays pauvres ou en voie de développement se contentent des sourires de candides touristes. Une fois harnachés comme pour aller au combat, nous partons à pied pour la gare routière toute proche, à deux minutes de marche. Les rues sont encore toutes inondées des pluies de la nuit et la machine économique de notre "Cinquième Avenue" de Playa del Carmen semble se remettre poussivement en route. Provision d'eau pour la journée et montée dans le bus ADO qui nous fera faire notre dernier trajet sur le sol mexicain. Le paysage reste imperturbable, fait de feuillus et de friches, jusqu'à l'aéroport. Nous nous enregistrons très vite et avons la chance que nos bagages ne soient même pas fouillés manuellement. Nous allons ensuite prendre notre petit-déjeuner avant de passer en zone d'embarquement. Derniers toasts et dernièere salade de fruits à la mexicaine.

Tandis qu'Anouk s'attèle avec passion à faire le bilan financier et touristique de notre séjour, je pars me faire cirer les chaussures par un Mexicain que j'avais repéré pendant le petit-déjeuner. Son client précédent le quitte à peine que je m'installe sur les sièges de la salle d'attente de l'aéroport. Il me montre son badge : il est "personnel autorisé". Tout fier de confier mes chaussures - qui avaient beaucoup souffert sur les sites archéologiques souvent poussiéreux - à un cireur accrédité, je l'observe passer les trois couches de produit noir qui lui tachent les mains et les poignets. Il me pose des questions sur mon orgine et j'essaie de me débrouiller comme je peux, sans l'aide d'Anouk qui dialogue avec notre calculette de voyage. Mon cireur me raconte qu'il connaît 5 langues étrangères : l'anglais, l'allemand, l'italien, le français et le japonais. Il se lance alors une grande démonstration de traductions successives de ses expressions les plus courantes. J'ai donc eu droit à un spectable audio fait d'expressions usuelles comme "la chaussure gauche, s'il vous plaît" - "l'autre pied maintenant" - "je cire les chaussures" en cinq langues différentes. J'ai préféré le japonais, surtout au moment de l'expression "changez de pied". Il termine son travail très soigné, mes chaussures n'ont jamais autant brillé de leur piètre vie à mes pieds. C'est à ce moment précis qu'arrive le bouquet final. Mon cireur mexicain me dévoile le secret des lacets bien serrés : "el nudo alemàn", le noeud allemand. Il prend mes deux lacets, les croise deux fois, serre bien au centre et forme ensuite deux boucles avec la longueur restante. La boucle de gauche est passée deux fois sous la croisée précédemment réalisée et la bouche de droite une fois. Ensuite, il tire latéralement et très fort sur les boucles pour bien nouer le tout. Effectivement, le résultat est impressionnant et donne un très grand sentiment de sécurité au pied. Aucun risque de perdre une chaussure de cette manière. Mais le fin du fin de ce noeud germanique, c'est qu'il se défait très bien, malgré sa tournure compliquée. Il me regarde avec un large sourire, prend ostensiblement les deux bouts de mes lacets, les place de chaque côté de la chaussure et, dans un grand mouvement de bras bien articulé autour du coude, il tire. Rien ne se passe. Il tire à nouveau, un peu plus fort, mais l'ensemble résiste. Il me regarde en souriant et me dit de ne pas m'inquiéter et qu'il va recommencer. Il réessaie, tire, tire encore plus fort et tout à coup les boucles cèdent. Et me voilà, avec sur ma chaussure gauche, ce qui ressemble fort à un plat de nouilles toutes noires. Les lacets sont complètement emmêlés sur le haut du pied et le cireur, déçu et blessé dans son amour propre, s'affaire sur l'imbroglio inattendu pour me sortir du tracas occasionné. Il n'arrête pas de s'excuser - "lo ciento", "disculpe". Mais comme il trouve son noeud génial, après avoir terminé de le démêler, il le refait en le serrant bien fort. Je repars, un peu inquiet du moment où il faudra tout défaire, mais content du service.

Nous passons en salle d'embarquement et nous installons dans l'avion. Le pilote nous annonce que puisque tout le monde est là et que la piste est dégagée, nous allons partir avec 15 minutes d'avance. Ils ne reculent devant rien ces Américains, quel pragmatisme. Le débarquement est tout aussi discipliné que l'embarquement, nous sommes émerveillés. Pas de précipitation pour se lever et récupérer ses sacs dans les coffres à bagages une fois l'appareil arrêté, pas de cohue pour sortir, chaque rangée se vidant avant que la suivante ne se lève. Dans l'aéroport de Houston, même cirque qu'à l'aller, même scanners des index des deux mains et même photo webcam. Encore une fois, l'illéttré que je suis a mal rempli le formulaire - j'ai oublié de tourner la page - et il nous fait quitter la file pour aller le remplir plus loin. Nous revenons à la charge avec nos documents griffonnés et passons la barrière symbolique de l'immigration. Récupération des bagages, passage aux douanes, réenregistrement des bagages, dernier contrôle des bagages à main et nous voilà dans la belle zone duty free du grand aéroport de Houston. Tout y est grand, propre et bien organisé. Nous prenons le déjeuner sur place, notre plus grave erreur de la journée : des salades de pâtes froides avec des légumes crus recouverts de la sauce sucrée - glurps - et faisons les boutiques. Dans la librairie de l'aéroport, nous sommes poliment abordés en français par un Américain cinquantenaire bourré, de tics et de tocs faciaux, qui semble obligé d'expulser bruyamment de l'air toutes les minutes que Dieu fait en fronçant le nez. Entre deux jets d'air chronométrés, nous le complimentons sur son français :
- "Vous parlez très bien français !"
- "Oui, merci, mais vous savez, j'ai été pendant très longtemps professeur d'espagnol aux Etats-Unis."
- "??? Euh... ah, d'accord !"
- "Et vous, vous allez au Mexique ?"
- "Non, nous en revenons."
- "Ah, très bien, et vous allez à Mexico ou à Puebla ?"
- "Euh, non, non, nous avons terminé notre séjour."
- "Ok, parce que moi, je vous conseille Puebla."

Notre départ pour Paris se fait remarquablement à l'heure, nous embarquons dans un avion aux deux tiers vide. Une fois installés, nous changeons de place et occupons chacun trois sièges, ce qui nous permet de nous allonger et de profiter d'un peu de repos pendant tout le vol. Nous arrivons à Paris par 5°C au sol et nous engouffrons dans les longs couloirs de Charles-de-Gaulle. Notre voyage de noces est terminé. Ce fut un très beau voyage. Nous en garderons un souvenir émerveillé.

Posté par guilbertph à 14:49 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]




23 janvier 2006

Fin de séjour sur la Riviera Maya

pict1322Nous sommes réveillés par une sorte d'entrain naturel vers 7h. Encore une fois, le jour nous a précédé, ainsi que le soleil mexicain. Voulant bien profiter de notre matinée pour traînasser et lire sur la plage, nous nous rendons directement au bar de plage de l'hôtel pour y prendre le petit-déjeuner. Déjà, une bise légère nous salue au passage et rosit nos joues bien reposées. Le bar ouvre à peine, d'autres clients attendent déjà, et les garcons de l'hôtel s'affairent à ranger le dernier arrivage de boissons et de canettes. On nous demande d'attendre encore une demi-heure. Nous décidons d'aller marcher sur la plage pour profiter des embruns. Nous mettons le cap au sud, à l'opposé des ruines de Tulum. Quelques hôtels construits sur la plage arborent leurs bungalows "mayas" et leurs restaurants avec vue, plus loin deux nudistes égarés tentent d'imiter le lotus pour saisir toute l'énergie cosmique qui se dégage de cette matinée resplendissante, à côté de nous des joggers profitent du sable bien dammé de la plage pour dérouler leurs courageuses foulées. Arrivés à une zone rocheuse qui barre la plage, nous rebroussons chemin et reprenons la direction de notre lointain petit-déjeuner. Nous sommes de retour une demi-heure plus tard. Une équipe de photos de mode a investi notre plage et notre bar pour y préparer les séances de prises de vues avec deux jeunes mannequins féminins simplement vêtus de maillots de bain. Dix personnes en tout pour quelques photos suggestives en bord de plage, les pieds dans l'eau. Pour mener à bien l'opération, un jeune homme mesure la lumiére, le bras tendu, tandis que deux autres agrippent fermement un paravent rectangulaire déflecteur de lumière. Le photographe s'agenouille dans l'eau pour prendre le premier mannequin surmaquillé en contre-plongée. Un autre homme, la cinquantaine bien conservée, séducteur grisonnant sur le retour, petits mollets et lunettes de soleil de marque, arrange négligeamment la mèche tombante de l'un des mannequins, tandis qu'une femme très chic rectifie la tenue de la jeune fille, refaisant un noeud de bikini ou remontant une bretelle. Deux autres personnes trient les photos sur un ordinateur portable posé à même une table du bar, tandis qu'une ultime collaboratrice s'occupe des sandwichs et des boissons de l'équipe. C'est très intéressant à observer, mais pendant ce temps-là, nous attendons notre petit-déjeuner. Et il nous faudra attendre une heure en tout pour réussir à planter la première fourchette de nos pancakes et salades de fruits du matin.

pict1291Nous partons ensuite faire nos sacs en prévision d'un départ qui nous est imposé à 11h. A notre retour sur la plage, vers 9h40, nous avons la très mauvaise surprise de voir un gros nuage stationné au-dessus de nos têtes médusées. Le vent s'est dangereusement levé, comme dans ses plus mauvais jours, et les premières gouttes de pluie commencent à battre le sable blanc. Nous courons bientôt à notre chambre et décidons d'anticiper notre départ. Nous récupérons le passeport d'Anouk - laissé en gage - et je cours sous la pluie jusqu'à l'entrée de l'hôtel, au bord de la route, pour héler un taxi qui, comme par un fait exprès, se fait rare. Au bout de quelques minutes, nous sommes sauvés par un chauffeur égaré et engouffrons nos bagages dans le coffre de notre transporteur. Ce faisant, j'abandonne ma séance d'apnée dans le site "Hidden Worlds", des cavernes souterraines apparemment impressionnantes où ont été tournés plusieurs films (imax et film d'horreur), car le très mauvais temps, quasi diluvien, m'en ôte toute envie.

Arrivés à la gare routière, nous apprenons que le prochain car Mayab est dans une demi-heure et nous décidons alors de prendre un taxi collectif. Nous partons tout de suite et prenons sur le bord de la nationale tous les clients qui agitent la main. Le système de communication radio des chauffeurs de taxis collectifs les rend efficaces et certainement très rentables. Nous faisons quelques détours par des villages typiques que nous n'aurions sans doute jamais vus par ailleurs, des regroupements de maisons hybrides, toujours avec ces étages non terminés, comme dans beaucoup de pays méditerranéens. Nous arrivons à Playa del Carmen vers 12h15, juste au bon moment pour trouver notre nouvel hôtel. Anouk nous choisit un bel hôtel avec chambres en promotion - il faut dire que c'est le début de la basse saison pour le tourisme. Les effets conjugués du mauvais temps qui insiste et de la basse saison touristique donnent à Playa del Carmen un air squelettique avec ses rues désertes et ses touristes devenus tout à coup plus rares. C'est ainsi que nous terminons notre parcours - rendu de plus en plus difficile par le poids toujours croissant de nos gros sacs-à-dos - à l'hôtel "Hacienda del Caribe". Avenida 2 Norte, beau patio troué d'une petite piscine, belles chambres spacieuses, mais un peu sombres, et la promesse d'une eau bien chaude 24h/24. Nous avions abandonné notre projet d'hôtel de luxe, tout inclus - ce qui nous aurait coincés à l'hôtel -, pour avoir l'occasion de profiter une dernière fois de l'ambiance sympathique des soirées animées de l'avenue piétonne de Playa.

Nous repartons pour terminer toutes nos activités de vacances, et en priorité : trouver le bureau de poste pour expédier les dernières cartes postales. Les explications assez contradictoires des indigènes qui nous renseignent nous feront tourner deux fois en rond avant de trouver le bureau de poste miteux pour acheter le dernier timbre qui nous manquait. Au retour, nous décidons d'aller déjeuner dans le meilleur restaurant gastronomique de Playa d'après notre guide et certains magazines locaux que nous avions consultés dans nos précédents hôtels : le "Yaxche", temple de la cuisine maya originale. Nous choisissons un déjeuner de tacos "fin gourmet" que nous sélectionnons effectivement en amateurs gourmands : tacos de langouste, tacos de poisson, tacos d'arrachera (viande de porc marinée et grillée) et soupe de légumes avec un épi de maïs qui flotte au milieu. C'est délicieux et nous décidons de retenir cette bonne adresse pour notre dîner du même jour. Nous repartons à l'hôtel nous reposer. Les rues de Playa sont mornes, l'ambiance que nous avions tant appréciée quelques jours plus tôt n'est plus, tout nous évoque déjà une atmosphère de fin de séjour. Nous passons prendre nos billets pour l'aéroport pour le lendemain matin 9h et regagnons nos chambres pour nous reposer.

Deux heures et trente minutes plus tard, nous nous réveillons avec une avant-dernière mission : trier nos affaires pour alléger nos sacs avant le grand départ. C'est le moment de sortir tout notre linge, apporté dans l'idée de le laisser finalement sur place. Nous jetons à la poubelle tous les dépliants et prospectus que nous avions accumulés pendant notre périple et ne gardons que le strict minimum pour l'album photo. Nous prenons ensuite le chemin de la Croix Rouge Mexicaine qui a un bureau médical Avenida Juarez. Nous déposons nos 3 k de linge et quelques médicaments. Un tiers des vêtements est sale, nous n'avons pas eu le temps de le donner à la laverie, mais heureusement ils nous disent qu'ils prennent tout : nous donnons tout. Nous repartons ensuite, allégés, contents de ce qui nous a semblé être une toute petite bonne action, même si ne savons pas vraiment ce que sera le sort de nos anciens vêtements. Sur le chemin du retour, nous inspectons tous les magasins de souvenirs à la recherche de dernières petites babioles-souvenirs. Le choix est vaste, nos sacs sont petits et notre poids en soute et en cabine limité. Nous faisons au mieux pour éviter les gadgets ridicules, tout en restant dans la couleur locale. Le butin de cette fin de journée est rapporté à l'hôtel. Et nous repartons encore dans la Quinta, entrons dans de nombreux nouveaux magasins, chinons, regardons, tatons, examinons, et terminons notre parcours dans notre restaurant du déjeuner. Ce soir, le restaurant est plein, quelques musiciens mexicains arpentent les rues, mais avec moins de conviction que trois jours plus tôt. Nous commandons : des crevettes cuites à la vapeur dans une feuille de banane repliée pour Anouk et une queue de langouste grillée au citron pour moi. Nous nous laissons aller gastronomiquement pour notre dernière soirée sur le sol mexicain.

Mais voilà, nous n'avons pas mis à jour notre blog depuis deux jours et nous terminons la soirée dans un bar-café internet, rempli d'Américains et de jeunes Américaines bruyants qui regardent les grands écrans plasmas accrochés au plafond qui retransmettent matchs de foot, matchs de tennis et clips musicaux. L'ambiance est très conviviale, la musique est 100% américaine et le niveau sonore conséquent. Anouk et moi bûchons dur pour avoir terminé notre blog de vacances avant demain. Anouk prend en charge la difficile mission de corriger les accents et les fautes de frappe et d'orthographe des premiers jours, tandis que je fais mes premières tentatives de mise en ligne de quelques photographies pour les 5 ou 6 premières journées : nous avons de la chance, c'est le premier café internet qui dispose d'un programme de traitement d'image pour réduire nos photos digitales : merci à la société Ulead pour sa version de démonstration de PhotoImpact 7.

Il est deux heures trente du matin, ce blog nous aura absorbé toute notre énergie de la nuit. Nous avons quelques inquiétudes pour le lever demain matin, jour du départ. Nous repartons pour notre hôtel et une dernière nuit au Mexique, dans l'Etat du Quintana Roo. Les rues sont totalement désertes, semi-éclairées, on a l'impresion de circuler dans des studios de cinéma, passant devant les décors peints d'un Mexique imaginaire, mais vide de ses acteurs et nombreux figurants. Arrivés devant notre hôtel, surprise : les grilles sont toutes cadenassées. Moment de stupeur, hésitations. Nous utilisons notre plus grosse voix pour appeler quelqu'un, un gardien de nuit peut-être. Personne. Anouk se voit déjà obligée de dormir dehors, sur le pavé. Nous examinons les grilles pendant quelques minutes et envisageons leur escalade. Cependant, les piques fixées en haut des barres métalliques nous impressionnent et nous font redouter les conséquences funestes du moindre dérapage ou faux mouvement. Nous appelons de nouveau, le guichet de l'entrée est allumé et cette gamme d'hôtel possède certainement un portier. Finalement, alors que nous allions partir à la recherche d'une solution de secours, un jeune homme arrive et nous permet enfin d'accéder à notre chambre. Nous voilà couchés pour 4 heures de sommeil avant notre réveil que nous avons fixé à 7h et que nous avons confié aux soins du concierge.

Posté par guilbertph à 08:25 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

22 janvier 2006

Ruines mayas de Cobà

pict1364Lever à 7h30 aujourd'hui, le jour nous attend. Frais et dispos, nous sortons pieds nus sur le sable chaud, contemplons la belle lumière du matin qui se reflète sur la mer des Caraïbes et traversons le large espace de sable blanc qui nous sépare du restaurant de l'hôtel pour prendre notre petit-déjeuner. Au menu : toasts et salade de fruits, vue sur la mer et sur ses admirateurs matinaux qui courent déjà le long de la plage ou sont assis en lotus face aux vagues. Nous partons bientôt en quête d'un taxi pour rejoindre le Terminal de la gare routière. Notre destination du jour : les ruines mayas et sauvages de Cobà. Une heure de bus. Nous traversons toujours cette même forêt de feuillus qui ressemblent vaguement à des boulots émergeant de la friche. La route est mauvaise, en travaux pour élargissement et réfection. Nous apercevons beaucoup de huttes semi-traditionnelles, avec leurs toits de chaume local qui couvrent souvent un mur de tiges de cannes à sucre mal ajustées ou des rangées de parpaings. La pauvreté fait irruption au beau milieu de petits terrains défrichés au carré. Tous ces hameaux vendent des souvenirs que nous connaissons maintenant bien : masques, tissus, nappes, robes traditionnelles blanches brodées, petits couteaux d'obsidienne, etc. Le bus file et les étals poussiéreux, perdus en pleine forêt,  déserts, nous font une drôle d'impression de totale perdition. Nous arrivons bientôt dans le village de Cobà et ses quelques maisons bricolées, assemblées d'un rez-de-chaussée bétonné et d'un premier étage hypothétique, souvent simplement suggéré par quelques tiges filetées qui pointent vers le ciel. Nous nous rendons à pied à l'entrée du site.

pict1329Arrivés aux guichets de l'entrée, très simples, beaucoup plus simples que tous ceux que nous étions habitués à voir jusqu'à présent, un guichetier avachi sur sa chaise nous informe que l'accès au parc archéologique est gratuit le dimanche. Nous entrons donc, pressés de découvrir ces ruines envahies de végétation. Comme le site est très étendu, certains vestiges étant distants d'un kilomètres les uns des autres, nous achetons deux petits plans avec les principaux vestiges et louons deux vélos pour faciliter nos déplacements à l'intérieur de la zone. Des chauffeurs de tricycles nous proposent leurs services de taxis sur trois roues, un petit charriot poussé par un vélo, mais nous préférons notre liberté de mouvement. Le parc nous permet de voir deux très beaux terrains de jeu de pelote, à mon sens les plus beaux et les mieux conservés et/ou restaurés que nous ayons vus jusqu'à présent - mais différents de ceux de Chichen Itzà. Leurs étroites allées centrales et leurs murs latéraux bien inclinés, leurs anneaux bien largement creusés et leurs dalles ornées d'une tête de mort nous impressionnent beaucoup. On réussit presque à s'imaginer les joueurs courant d'un bord à l'autre du terrain pour faire passer leur balle de lourd caoutchouc à travers les anneaux de pierre en surplomb. Les pyramides quant à elles sont moins imposantes que celles des autres sites, sauf deux, l'une aux angles tout arrondis formant un bel ovale, étrangement sans temple au sommet, et l'autre, la plus connue, la plus haute de toute la péninsule du Yucatan, haute de plus de 42 mètres, Nohoch Mul.

pict1380Au pied de la grande pyramide, des touristes francophones débattent à côté de nous :
- "Ouais, ils disent que c'est haut, mais si on réfléchit bien, c'est pas plus haut qu'un camion finalement".
- "Attends, un camion, c'est pas plus de trente mètres, non ?"
- "Ah oui, trente mètres, c'est bien le maximum."
- "Ah bon, parce que là, elle fait 42 mètres quand même, cette pyramide !"
- "Ouais... bon... ok, 12 mètres de plus. T'avoueras que c'est pas beaucoup plus...quand même."

pict1383Sur ces considérations bien mesurées, nous décidons d'y monter. Anouk hésite beaucoup, la simple inclinaison de la pente, vue d'en bas, lui donne le vertige. Elle décide tout de même de m'accompagner, luttant contre sa peur. Une corde, placée au milieu des marches, aide les plus angoissés à monter ou à descendre. Finalement arrivés au sommet, nous jouissons d'une vue panoramique sur une étendue de forêt à perte de vue, ponctuée du sommet de notre pyramide ovale et... des toits de l'hôtel du Club Med, construit à quelques centaines de mètres de là, au bord du lac qui alimente la région. La contrée est sauvage et le silence est simplement interrompu par quelques cris d'oiseaux qui se chamaillent. Au retour, nos vélos sans palliers de vitesse peinent un peu - et nous avec - au moment de surmonter un décrochage surélevé du chemin principal : il s'agit de tronçons encore visibles de l'ancienne voie maya qui reliait le site de Cobà au site de Chichen Itza, à plus de cinquante kilomètres de là. Cette voie, haute de 50 cm et large d'au moins deux mètres, devait permettre les échanges économiques et le transfert des troupes. Nous accédons ensuite au dernier groupe de vestiges, de petits autels surmontés de stèles.

pict1428Les stèles gravées dont tous les glyphes ont été irrémédiablement rongés par le temps - celui qui passe et celui qu'il fait - marquent l'accomplisssement d'un cycle calendaire. C'était très certainement un lieu de fêtes et de cérémonies civiles de grande importance. Nous sommes involontairement accompagnés par un groupe d'étrangers anglophones aux allures patibulaires, sévèrement tatoués, longues barbes, cheveux tombant sur les fesses, avec un petit air "Easy Rider". Leur intérêt pour le site etait réel et leur visite ponctuée de commentaires historiques très intéressants. Après 2h30 de visite à vélo, nous prenons le chemin du retour. Avant de reprendre notre bus, nous prenons un déjeuner de salades et de guacamole dans une gargote faisant face au lac qui semble avoir récemment débordé, mais qui a été contrarié par une nouvelle petite digue de sable surmontée d'une route provisoire.

A 15h20, nous reprenons notre bus et rentrons à Tulum. A l'hôtel, lecture, repos, nous profitons de la petite heure qui nous reste avant le coucher de soleil et le déclin du jour, qui arrivent très vite. J'en profite pour prendre un bain, seul, dans l'eau un peu fraîche de la Mer des Caraïbes. Comme à son habitude, le vent se lève et se met à souffler très fort, mais il ne réussit pas à nous empêcher pas d'aller dîner vers 20h au bon restaurant de l'hôtel : gambas à l'orange pour Anouk et gambas au lait de coco pour moi. Soirée tranquille de lecture et bientôt le sommeil, bercé par le vent.

Posté par guilbertph à 07:10 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

21 janvier 2006

Le parc "Xel-Ha"

Ce matin au réveil, il fait un temps magnifique. Nous sommes à l' Est et le soleil a dû se lever bien tôt. Tout excités par le programme de la journée, nous décidons de partir directement, sans même prendre le petit déjeuner, pour le parc d'attraction "Xel-Ha" situé à une quinzaine de kilomètres de Tulum. Nous nous mettons sur la route et hélons le premier taxi qui passe pour rejoindre Tulum village. Nous avons de la chance : le bus de 8 heures 30 est bien en retard et nous pouvons y monter, sauf que nous n'avons pas de places assises, mais ici, pas de règles de sécurité très strictes, cela ne gêne pas le conducteur d' envoyer ses SMS en conduisant avec une vingtaine de passagers debout dans l' allée centrale ou tout contre le pare-brise. Heureusement, il ne roule pas trop vite, un petit signal sonore l'avertit s'il dépasse la vitesse limite et notre trajet n'est pas très long.

xel_ha

Nous arrivons au parc et prenons la journée "todo incluido", ce qui nous paye en plus de l'entrée et de l'accès aux activités, la location des serviettes de bains, du masque et du tuba, des palmes et du gilet de sauvetage, ainsi que tous les repas et toutes les boissons de la journée. Nous attaquons par un copieux petit-déjeuner et nous jetons à l'eau (un peu fraîche au départ) pour une heure de "snorkeling" : dans ces magnifiques eaux émeraudes et turquoises, nous nageons et observons les poissons exotiques qui rappellent nos contrées lointaines (l'île Maurice, les  Seychelles...). A un moment donné, nous arrivons au pont flottant et sommes cernés d'énormes poissons argentés à grandes dents et grands yeux tout ronds qui font penser aux carangues de la Réunion, pas des requins, mais des animaux marins assez impressionnants quand même ! Tandis que Philippe le téméraire reste parmi la bande au moment du repas des bestioles fournis par le gardien de l'endroit - mais prenant quand même bien soin de replier tous ses doigts afin qu'ils ne soient pas pris pour des sardines -, je sors vite fait de l'eau. Ensuite, nous nous promenons dans les allées bordées de palmiers, cocotiers, orchidées et autres feuillus exotiques et il est bientôt l´heure de rejoindre le tant attendu bassin des dauphins !!!

Cette activité n'était pas inclue dans le forfait, mais nous n'avons pas hésité une seconde, tellement nous rêvions tous les deux depuis la plus tendre enfance de pouvoir nager avec des dauphins... et n' est-ce pas merveilleux de pouvoir réaliser un rêve commun lors de son voyage de noces ? Nous écoutons tout d' abord très attentivement les consignes liées à la conduite à tenir en présence des dauphins : ces animaux très sensibles adorent les caresses, mais pas trop sur la figure ou sur le ventre ou la queue s'ils ne montrent pas ces parties-là volontairement. On peut les caresser avec la paume de la main, mais il faut éviter de les griffer ou de leur boucher l'orifice qui leur sert à respirer et à émettre des sons, qui, comme nous le dit leur "maître-nageur", constitueraient un véritable langage structuré. Ces mammifères marins sont absolument fascinants et c'est avec grand plaisir que nous nous immergeons dans leur bassin. Pour commencer, photo oblige : chaque touriste pose avec le dauphin à ses côtés et une heure plus tard, au moment des adieux, un dauphin nous fera même la bise ! Nous pouvons ensuite flotter grâce à nos super gilets de sauvetage et les dauphins batifollent parmi nous, passent entre nous, se laissent caresser et se mettent parfois sur le dos, nous offrant au regard leur partie ventrale toute blanche. On pourrait passer des heures entières à les regarder nager autour de nous et à les toucher. Ils nous font aussi des démonstrations de quelques pirouettes très amusantes et, le must, chacun d'entre nous a droit à un "foot-push" : on s'allonge sur le ventre à la surface de l'eau, jambes bien tendues et légèrement écartées, bras en croix, et, au signal, deux dauphins viennent nous pousser par la voute plantaire à la force de leur bec. Ce qui donne une Anouk et un Philippe miraculés, marchant sur les eaux et fous de joie ! C' est vraiment hyper sympa ! Philippe avait bien attaché l'élastique de son maillot de bains à son gilet de sauvetage, ca peut paraître étrange comme ca, mais son maillot aurait eu tendance à descendre jusqu'en bas lors de cette course effrénée et là, la photo aurait été encore plus drôle, style "les bronzés au pays du Guacamole"... Car là aussi, on a droit à la photo et à la vidéo qui sont ensuite vendues très cher à la sortie. Mais le photographe rate Philippe et ce veinard a le droit de recommencer sa pirouette avec les dauphins ! Pendant que nos amis se reposent un peu et recoivent leur récompense non en susucre mais en sardines et en harengs (un petit apéro en comparaison aux 11 à 20 kg de poisson qu'ils engloutissent chaque jour !), nous observons leurs mâchoires, leur système reproducteur et écoutons leurs petits cris.  Des petits cris qui se transformeront en de véritables chants lorsque nous jouerons les chefs de choeur quelques instants plus tard ! C'est alors que Philippe et moi nous retrouvons seuls avec deux dauphins qui dansent et chantent pour nous ! Magique !

file0001

Et voilà, le spectacle prend fin et nous repartons tout émerveillés. N'ayant perdu ni le Nord, ni leur sens du commerce, les gentils animateurs nous dirigent vers le site high-tech de photos digitales et nous pouvons voir leurs clichés et même le petit film de la séance. Nous l'avons d'ailleurs acheté et certains d'entre vous pourrons en profiter lors de séances de projection privées. Cette expérience fut vraiment unique et inoubliable. Pour nous remettre de nos émotions, nous nous engouffrons dans le premier restau qui se présente et dégustons encore une fois des spécialités mexicaines accompagnées de vin rouge. Après le repas, nous retournons à l'eau, barbotons entre les grottes, marchons dans une partie de jungle magnifique du lieu et sommes surpris par un petit orage passager. Après la tempète, nous profitons de l'alcalmie pour nous rendre au départ de la rivière que l'on peut descendre sur une grosse bouée deux places. Nous traversons une impresionnante mangrove et suivons très lentement le cours de la petite rivière qui se jette ensuite dans la mer. Au final, agacé par la faible vitesse de la descente, Philippe préfère nager et je me fais conduire sur les flots, poussée par un apnéiste pressé. Nous traversons une magnifique mangrove et débouchons sur le lac. L'étrangeté de tout ce paysage, juste après la mangrove, réside dans le fait que les arbres semblent pouser directement sur des pierres, sans couche d'humus intermédiaire. Nous arrivons finalement au dernier ponton de notre traversée et rendons notre matériel - les tubas nous sont offerts. Nous dégustons encore une glace, inquièts par le temps qui demeure nuageux. Nous nous dirigeons enfin vers les casiers et nous préparons au départ. Nous avons passé une très bonne journée qui est passée trop vite.

Nous rentrons au pueblo de Tulum avec le bus, hélé au bord de la route. Toujours debout dans le bus bondé, nous nous accrochons où nous pouvons. Devant nous, un jeune barman indigène consulte son livre de cocktails qu'il doit apprendre par coeur. Dur métier, mais il nous dit en connaître déjà une cinquantaine. Le chauffeur roule à 80 km/h tout en composant ses SMS sur son portable. Autant vous dire que sa vigiliance sur la route était extrêmement réduite. Arrivés malgré tout sains et saufs à Tulum, nous décidons de prendre le dîner dans une pizzeria tenue par une Italienne déracinée pour changer un peu des pâtes de maïs qui nous accompagnent depuis deux semaines déjà. Pas une grande réussite. Des pizzas aussi tristes que leur patronne qui gémit sur les changements en cours au Mexique. Nous rentrons en taxi et regagnons notre chambre en pleine nuit.

Posté par anouschka à 02:19 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

20 janvier 2006

Découverte de Tulum

Nouveau réveil à 7h30, simplement aiguillonné par le jour. Notre bonne condition matinale nous inspire et nous avançons notre départ pour Tulum. Après le petit-déjeuner "offert" par l'hôtel, nous prenons nos gros sacs-à-dos et partons pour la gare routière du centre-ville qui se trouve à deux pas. Nous partons donc à 9h15 pour Tulum, une localité située à environ 60 kilomètres au sud de Playa del Carmen, en longeant la côte. Nous n'avons jamais rencontré de chauffeur aussi bourru, répondant aux questions par des aboiements peu compréhensibles et mettant de la musique mexicaine traditionnelle à tue-tête dans le bus. Sa conduite est tout aussi délicate que son expression verbale, il va sans dire. Freinages brusques aux arrêts officiels et encore plus brutaux sur le bord de la route, quand des piétons isolés font signe au bus de s'arrêter pour les prendre. Nous passons une heure ainsi, bringuebalés, ballottés, enveloppés de musique locale et maintenus en veille forcée par une alarme quasi permanente. Il faut vous dire que dans les bus de seconde classe au Mexique, un voyant s'allume automatiquement au-dessus du chauffeur et une alarme sonore se déclenche lorsque le chauffeur dépasse les 95 km/h - faisant de lui un chauffard notoire aux yeux et aux oreilles de tous les passagers présents. Je crois que l'alarme se déclenchait toutes les 2 minutes sur ce court trajet !

C'est donc bercés par cette belle ambiance toute faite de calme et de sérénité que nous contemplons le paysage, toujours le même, une forêt un peu dense, constituée d'arbres de taille moyenne. Nous arrivons au petit Terminal routier du pueblo de Tulum vers 10h20. Nous allons descendre quand un couple de Québécois nous demande si nous sommes bien arrivés aux célèbres ruines ! Ils avaient raté leur arrêt, ne comprenant ni l'espagnol, ni l'anglais. Ils descendent du bus, déboussolés et prennent un taxi pour faire le chemin inverse. Nous hélons également un taxi et cherchons à rejoindre l'hôtel un peu excentré recommandé par notre "Guide du routard", tellement à l'écart d'ailleurs que le chauffeur lui-même ne le connaît pas et doit demander à son collègue, garé juste derrière. Les deux hommes discutent quelques minutes, nous redemandent le nom exact de l'hôtel et nous leur montront le plan imprimé du guide pour plus de sécurité. Notre chauffeur nous dit ensuite de monter et l'aventure commence. Après ce qui nous a semblé être la sortie du village, ornée de carcasses de voitures et de zones de travaux, nous repérons une pancarte usagée avec le nom de notre hôtel. Nous nous engageons sur une petite route en construction ou en réfection qui ne nous inspire guère. Nous sommes loin de tout et l'environnement proche est quelque peu délabré. Au bout de quelques dizaines de mètres, nous voyons notre hôtel, aussi défraîchi que son panneau indicateur. Nous hésitons, débattons et le chauffeur nous demande si nous ne préférerions pas prendre un hôtel au bord de la plage ? Eh, oui ! C'est tout le problème de Tulum : toutes les commodités usuelles - restaurants, internet, laverie, agences de voyages - sont dans le pueblo - c'est-à-dire le village -, mais la plage se trouve à 6 kilomètres de là, seulement accessible par une route non éclairée et totalement déserte, percée au milieu de grandes friches arborées. Le choix est difficile : soit profiter du village et se débrouiller en routard pour aller à la plage ou bien jouir du paysage côtier du matin au soir dans un hôtel en bord de plage, mais s'y retrouver relativement coincés, à la merci des quelques taxis qui passent devant l'entrée. Pendant quelques minutes, nous regrettons le compromis urbain et balnéaire si agréable de Playa del Carmen. Nous demandons alors au chauffeur s'il connaît un hôtel bon marché sur la plage et il nous emmène directement au "El Paraiso". Il leur reste juste une chambre de libre, nous signons.

pict1259La situation de l'hôtel est tout simplement magnifique, un vrai paradis. Loin de tout, pas très bien équipé,  un peu défraîchi, mais magnifique. La vue, la plage, les cocotiers, la couleur bleu-vert de la mer, le sable très fin et très blanc sous nos pieds. Nous déposons nos affaires dans la chambre décorée à la japonaise, très zen, tout d'austérité dans l'ammeublement et les couleurs, avec des meubles noirs, très sobres et anguleux, sans ornements surperflus, des rideaux blanc cassé, ainsi que toute la literie. Pas de sommier élastique, notre matelas repose sur un socle de béton crépi. Nous sortons boire un jus de fruits pressé au bar de plage de l'hôtel, assis sur des balançoires avec vue. Ensuite, c'est le grand départ pour les ruines de Tulum, à pied, en suivant la plage pendant 20 minutes. Nous longeons la mer, affrontons le vent qui souffle fort du Nord-Est, croisons des kyte-surfers, des baigneurs, des bronzeurs, des joggers et d'autres promeneurs. L'ambiance est sereine, la population sporadique. Le ressac nous berce.

pict1279Sur notre gauche, en remontant la plage, nous entrevoyons des hôtels à la vue imprenable, mais aux bungalows totalement délabrés, construits à la mode maya, avec murs de bois et toits de chaume - palapa - devenus des repaires de routards sans le sou. Il y a souvent juste de quoi accrocher un hamac. Quelques caravanes, un peu plus loin, s'ensablent lentement entre les toiles de tentes plantées à même la plage. Ici, pas de grands complexes hôteliers, pas de béton, pas de pontons, ni tables, ni parasols, la plage étale somptueusement son beau sable blanc sur plusieurs dizaines de mètres de largeur, ce qui tranche franchement avec le petit ruban sablonneux encore visible à Playa del Carmen, coincé entre la mer mouvante et les hôtels avides d'espace. Nous arrivons bientôt aux ruines, par une entrée latérale désaffectée qui laisse tout juste passer les piétons.

pict1288Au loin, de petits trains de wagons, tirés par des tracteurs agricoles, amènent les nombreux touristes depuis ce que nous supposons être le parking des bus jusqu'aux guichets d'entrée. Nous prenons nos tickets et tentons de nous réfugier dans la librairie du complexe touristique pour y acheter des bouteilles d'eau tout en échappant momentanément à la foule. J'en profite pour acheter un nouveau livre, car j'ai terminé mon récit de voyage de John Lloyd Stephens. Je décide de terminer mon cycle de lectures sur les mayas par la version anglaise du "Popol Vuh", le récit des mythes créateurs des Mayas Quichés. Comble du paradoxe linguistique, il s'agit d'une traduction anglaise faite à partir d'une compilation espagnole réalisée à partir de la retraduction d'un abbé français, Brasseur de Bourbourg, ayant lui-même travaillé à partir du texte original rédigé en caractères latins et découvert par le prêtre espagnol Ximenez, son premier traducteur officiel. Quelle histoire ! Il est incroyable de constater à quel point la recherche sur la culture du monde maya est internationale : espagnole, américaine, française, russe et mexicaine - sans oublier quelques Allemands.

pict1320Nous sortons, toujours encerclés d'Américains menés par un guide mexicain obèse et apparemment très drôle qui brandit son ombrelle avec phlegme. Décidés à survivre dans cette masse informe, nous nous faufilons jusqu'au portillon automatique et abordons enfin la zone archéologique. Très sincèrement, ce ne sont pas les plus beaux vestiges que nous aurons vus pendant notre séjour : l'état de conservation des éléments en bas-reliefs est très mauvais, malgré quelques émouvantes traces de peinture ici ou là, et le style architectural lui-même est peu travaillé, voire peu soigné, par rapport à des sites resplendissants comme celui d'Uxmal. Mais - parce qu'il y a un "mais" qui sauve tout - la situation des ruines est tout simplement exceptionnelle, construites sur un promontoire rocheux surplombant la mer des Caraïbes. Avec ses arbres épars, ses belles pelouses vertes dignes d'un golf de luxe, ses allées délicatement dessinées et sa vue exceptionnelle sur la mer, ce site ravit les yeux et nous fait oublier notre nouvelle déception de ne pouvoir monter les marches de ces temples centenaires. Tous les accès sont interdits. Alors on jouit de loin, on essaie de trouver le meilleur angle de vue, on utilise le zoom de notre appareil photo numérique, on monte sur une pierre pour en apercervoir un peu plus et on imagine...

pict1292Nous ne sommes pas restés très longtemps sur le site lui même, une heure tout au plus, sans guide, juste avec nos yeux et les très pauvres explications du Guide du Routard qui ne pourra jamais de ce point de vue remplacer le Lonely Planet. Nous avons arpenté les allées, brûlés par le soleil de midi, la tête pleine des informations rassemblées sur les autres sites depuis deux semaines. Les Américains, Italiens, Espagnols, Scandinaves, Français et Japonais se croisent en un étrange ballet diurne sur les étroits chemins qui serpentent entre les ruines. Mention spéciale à nos amis japonais pour leurs tenues souvent peu adaptées aux aspérités du lieu et pour leur look plus que branché. Certains touristes profitent d'un escalier de bois qui mène à une crique depuis les ruines pour se baigner et s'allonger quelques instants sur la plage. Nous repartons, longeons la mer et reprenons le chemin de l'hôtel par la plage.

Arrivés sur place vers 14h30, nous rentrons dans notre bungalow pour nous reposer. Anouk fait la sieste sur l'un de nos deux lits doubles, tandis que je me rends sur la plage pour y lire quelques lignes. Une fois installé sur mon transat, un jeune Mexicain employé par l'hôtel me demande si j'ai payé le droit d'utiliser ma chaise pour la journée. Je lui réponds, tout souriant, que je suis un client de l'hôtel et qu'il n'y a donc pas de problème. Mais il insiste et m'explique très gentiment que la politique de l'hôtel est d'absolument tout faire payer. Je me lève, irrité, et me rends directement à la réception. Le problème quand on est énervé, c'est qu'on doit être percutant dans ses arguments et ne pas bâcler la narration du préjudice. Autant vous dire que dans le feu de l'action, mon espagnol fut extrêmement fautif, pour ne pas dire ridicule. Je bafouille, hésite, fais des pauses pour chercher mes mots, pendant que la pauvre jeune femme de la réception me regarde, médusée, mais l'air sérieux et très concentré, sans perdre une occasion d'essayer de comprendre la cause de ma mauvaise humeur. Ce ne fut pas tant le ridicule de ma prestation qui impressionna mon interlocutrice que mon énervement en lui-même. Il est vrai que depuis plus de deux semaines en Amérique latine, nous n'avons jamais vu personne s'énerver - tranquilo. La colère semble être dans ce pays un état psychologique mal intégré socialement, voire mal vu par la population locale. Soudain, elle se lève et me demande de ne surtout pas m'énerver, ajoutant qu'elle va aller de ce pas discuter avec le directeur et que je dois l'attendre bien tranquillement. Elle part sans me tourner le dos, avec de grands gestes d'apaisement.

Elle revient toute souriante, me disant que le directeur avait accepté que j'utilise ma chaise gratuitement aujourd'hui. Ouf. Je retourne sur mon transat, installé sous des cocotiers couronnés de leurs fruits bien mûrs. Tandis que je reprends ma position allongée face à la mer, le vent, lui, se lève. Au bout d'un certain temps, il devient si fort que je dois m'accrocher à mon livre pour ne pas qu'on s'envole tous les deux. Je résiste pendant une petite heure, agrippé comme un maya fanatique et illuminé aux pages de son "Popol Vuh". Pendant qu'au fil de ma lecture, le Dieu créateur des Mayas Quichés est en train de créer sa seconde version de l'être humain en sculptant des figurines en bois, le Dieu peu clément des touristes du Mexique est en train d'accumuler les gros nuages gris au-dessus de ma tête. Aux premières gouttes de pluie, vers 17h20 - soyons précis -, je rentre précipitemment au bungalow. Anouk dort toujours, mais se fait ensuite réveiller par une pluie diluvienne digne de nos précipitations réunionnaises. Un gros grain qui tambourine sur le sable fin, les derniers taxis qui passent devant la réception et font demi-tour pour quitter le parking de l'hôtel, nous nous retrouvons seuls dans ce morceau de paradis antédiluvien. On attend Noé, derrière nos rideaux zen.

Deux heures et trente minutes plus tard, nous décidons d'aller manger quelque chose dans le restaurant de l'hôtel. Nous traversons le bout de plage brute qui nous sépare du bâtiment central et arrivons dans un grand hall totalement désert, ouvert de baies vitrées, à la décoration étonnamment sobre, avec deux petits coins salons et 9 ou 10 tables carrées, noires, placées au beau milieu de la salle. Nous entrons. Les garçons, avachis sur des sofas d'inspiration asiatique, se relèvent précipitemment et l'un d'eux vient à notre rencontre. Nous commandons des plats de poisson avec de l'eau et du vin. Mais tandis que les plats sont préparés dans la cuisine attenante, les boissons sont toutes centralisées dans le bar de plage de l'hôtel, à quelques mètres de là, sous les cocotiers balancés par les vents violents du moment et arrosés par la pluie. Un garçon part chercher nos boissons, caché sous une serviette de bain. Il revient quelques longues minutes plus tard, toujours recouvert de sa serviette, portant un plateau à bout de bras avec dessus nos deux verres bien exposés aux rudes intempéries de la soirée. Changer du vin en eau, c'est fort, et bien paradoxal pour une population aussi pieuse et chrétienne que celle du Mexique. Je lui fais la remarque que mon vin a dû prendre la pluie, mais il m'affirme avec un large sourire sincère que mon vin est intact, alors que de grosses gouttes de pluies décorent ostensiblement les bords du verre. Quelques temps plus tard, deux autres couples nous rejoignent et passent leur soirée dans ce hall mal entretenu d'un hôtel qui dut avoir son heure de gloire, quelques années plus tôt. Nous nous couchons ensuite vers 22h30, bercés par la pluie drue qui s'abat toujours sur la côte mexicaine.

Posté par guilbertph à 01:50 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

19 janvier 2006

Farniente à Playa del Carmen

pict1256Quel plaisir de se réveiller à 8 heures, sans stress, sans avoir à préparer une nouvelle sortie, sans devoir changer de ville et d'hôtel dans la même journée. Nous traînassons dans la chambre, tirons les rideaux et découvrons, derrière l'autre hôtel de deux étages que des êtres sans scrupules ont construit juste devant le nôtre, la mer du Golfe du Mexique et, au loin, les hauts immeubles de l'île de Cozumel, à trente minutes de bateau rapide. L'eau chaude de la douche - qui s'est faite un peu attendre - nous délasse de nos derniers jours de périple et nous met en forme pour la journée. Nous descendons prendre le petit déjeuner qui consiste en un thé et deux croissants chauds relevés de beurre et de confiture, offerts par l'hôtel. Des Québécois passent à côté de nous, avec leur accent absolument irrésistible que nous ne nous lassons pas d'entendre. Quelles sonorités riches et contrastées. Du coup, notre français nous paraît pour le moins plat et monocorde. Nous sortons ensuite découvrir la plage et enrichir notre petit-déjeuner d'un jus de fruit frais. Le temps gris, les nuages accumulés et le vent permanent nous gâchent un peu notre plaisir, alors que nous sommes allongés sur des transats à même le sable. Il faut dire qu'une petite ville touristique comme Playa del Carmen perd tout son charme quand le soleil se cache. Sans lumière, il ne reste plus que la tristesse du béton peint et du pavé rebattu.

A 10h30, nous repartons avec nos sacs de linge sale à la recherche d'une laverie que nous trouvons grâce aux précieuses indications de notre Guide du Routard qui nous évitent une perte de temps inutile. Passant devant un café internet, nous nous arrêtons pour nos consultations du jour. Anouk écrit à ses amies tandis que sans beaucoup m'attarder je rentre à l'hôtel lire et me reposer un peu. Au bout d'une heure, Anouk me rejoint et nous réfléchissons ensemble à l'organisation de la fin de notre séjour. La région regorge d'activités et de sites, nous avons beaucoup de possibilités, un tri s'impose. Nous lisons les brochures disponibles dans l'hôtel et les pages idoines de notre guide. Notre choix s'arrête pour l'hébergement sur le petit village touristique de Tulum et son site maya en bord de mer, cas unique dans la région. Nous planifions également une visite du site archéologique sauvage de Cobá - qui remplacera un peu Tikal - et envisageons de passer une journée complète dans une sorte d'éco-parc d'attraction, dénommé "Xel-Ha", avec descente d'une rivière sauvage et baignade avec des dauphins. Personnellement, je mets une option sur la visite en apnée d'anciennes grottes de la région, un site appelé "Hidden Worlds", mais Anouk semble hésiter. Après une petite heure de repos, nous repartons vers 13h45 dans notre rue fétiche, la Avenida 5. Tout le charme de cette rue - que beaucoup décriront comme totalement surfaite - vient de la variété des gens qui s'y croisent et atteint son apogée une fois la nuit tombée.  Nous nous arrêtons pour déjeuner et choisissons un restaurant végétarien : le "100% Natural".

pict1254Nous nous sommes assis juste à côté de la fontaine très kitch, décorée de bananes et d'oranges, tandis que dans le bassin de rétention, l'eau a la fâcheuse tendance de produire une étrange mousse de bulles blanches. Il faut dire que nous avons de gros doutes sur l'eau qui s'échappe des robinets depuis notre arrivée à Playa et le simple fait de se brosser les dents avec l'eau courante prend des tournures de mission douteuse. Bref, au menu : pâtes complètes et jus de fruits et légumes : nous sommes calés pour l'après-midi. Les plats sont assez originaux, mais loin d'être exceptionnels gastronomiquement. Attention aux éventuelles déceptions. Dans la rue, les rabatteurs hèlent les clients, avec leurs phrases toutes faites, dans toutes les langues, reprenant le plus souvent le tube du moment sur la côte Est : "Hola Amigo, komm her, good price for you !" Soit une séquence linguistique espagnol-allemand-anglais, bien constuite, avec une bonne accroche, une progression dramartique et une chute bien sentie ! Malheureusement, l'impact constaté sur les touristes piétons semble faible. Du point de vue présentation des marchandises, les magasins d'Amérique latine connaissent peu le phénomène de la "vitrine", réservé apparemment aux magasins de marques étrangères ou de luxe. Ici, pas de mise en valeur de quelques articles sélectionnés et stratégiquement mis en scène dans une vitrine, non, c'est directement le "stock" qu'on expose, la quantité avant la qualité. Pas ou peu de portes d'entrée, c'est une ouverture béante qui donne directement sur trois murs en forme de "U" qui supportent tout un stock de hamacs, de chemises, de tapis, de nappes ou de sacs. Exposer son stock sans en sélectionner la meilleure part et sans la mettre en valeur, c'est déverser sur le pavé public des tonnes de marchandises toutes semblables, sans aucune autre forme de distinction que le ton et l'apparence du rabatteur qui attend sur le trottoir. L'uniformité de ces boutiques crée une sorte de monotonie visuelle, mais l'accumulation de marchandises simule une sorte de pays de cocagne des souvenirs mayas et relance finalement l'intérêt. Accroche visuelle par accumulation, et surtout une accroche sonore par des vendeurs souvent attentistes, enfoncés dans leurs chaises. Et dans cette opulente monotonie de couleurs et de formes, c'est une petite guerre des prix qui a lieu sur les trottoirs, mais pas entre des boutiques concurrentes - dont on a l'impression qu'elles travaillent parfois ensemble. Si la concurrence des prix en Europe a généralement lieu entre les différentes enseignes d'un même secteur économique et se trouve intégrée commercialement avant le moment de l'achat, ici, elle se déplace au moment même de l'achat, entre le vendeur et son client : marchandage oblige. Quelques mots, quelques soupçons d'hésitation suffisent pour faire baisser le prix de quelques dizaines de pesos, c'en est presque surprenant, mais ça marche, de la psychologie digne d'un poker de rue. Les gens s'arrêtent, les gens regardent, les gens essaient, les gens discutent, les gens achètent ou repartent avec un geste de renoncement de la main. Dans quelques jours, dans quelques semaines, certaines nappes, certains sombreros, certains masques pseudo-mayas partiront en voyage dans les valises d'un Américain ou d'un Allemand et feront sans doute un plus long voyage que leur vendeur mexicain ne le fera jamais dans sa vie. La vie des marchandises, quand même, c'est quelque chose. Vous vous demandez sans doute pourquoi j'insiste tant sur ces considérations sociologiques un peu extérieures ? Eh bien, tout simplement parce qu'il ne se passe pas grand chose pour nous aujourd'hui. Farniente. Le mot est très clair. Nous arpentons les rues dans tous les sens, sans nous ennuyer le moins du monde et le temps passe plus vite que nous ne le voudrions, mais, bizarrement, sans véritable contenu. Nous nous laissons hypnotiser par ces marchandises qui croulent sous leur propre poids.

Mais j'oublie de parler d'une autre mission qui nous prend aussi du temps : trouver un hôtel, si possible un bel hôtel, pour notre dernier jour au Mexique avant de prendre la navette pour l'aéroport de Cancun. Nous souhaitons passer notre dernier jour à Playa del Carmen, notoirement plus calme que Cancun et aussi proche de l'aéroport. Nous réinvestissons l'avenue dans l'autre sens, repérons un hôtel, visitons une chambre, nous renseignons sur les prix et cherchons déjà le suivant. Nous avons déjà visité une petite dizaine d'hôtels quand nous tombons béats d'admiration devant un superbe hôtel de luxe de la chaîne "Real", tout au bout de l'avenue 5. Nous entrons, sommes accueillis par une hôtesse charmante qui nous fait visiter une chambre "Junior Suite" et nous explique que c'est un hôtel "all inclusive" (c'est-à-dire "tout compris", repas, boissons, activités). Nous sommes très impressionnés par la décoration soignée de la chambre qu'on nous fait visiter et surtout par la taille de sa baignoire en marbre avec jets massants. Nous hésitons, mais nous avons bien envie de nous offrir ce luxe pour notre dernière journée au Mexique avant longtemps. Une journée et une nuit dans un hôtel de grand luxe, juste pour se reposer, juste pour repenser à notre séjour et à ses moments forts, juste pour profiter de la baie, juste pour pouvoir dire à nos généreux donnateurs que leur cadeau de mariage a été vraiment très apprécié. :-)

Mais nous allons réfléchir, car pour le moment, il nous faut penser au lendemain, à notre transfert à Tulum. Nous quittons l'hôtel, éblouis, mais encore un peu hésitants, bien sûr à cause du prix : nous ne sommes pas habitués, et sans doute encore sous le coup d'une certaine gêne caractéristique de la classe moyenne habituée à rester au plus près des dépenses directement liées à l'utile ou au domaine culturel. Une nuit dans un hôtel de luxe, c'est de l'éphémère pur, la beauté fugitive du superflu. Sur le chemin du retour, je m'arrête dans un café internet pour y mettre ce blog à jour et Anouk part chez une esthéticienne. Elle repasse me voir dans le café internet et rentre à l'hôtel se reposer un peu avant la bamba de la soirée que nous nous imaginons aussi animée que la veille. Après quelques heures de dur labeur sur internet, Anouk vient me rejoindre et nous partons dans notre restaurant d'hier parce que le garçon nous avait remis un bon de réduction de 10% pour un second repas sur place. Toujours bon à prendre. Installés cette fois sur la terrasse, quasiment dans la rue, nous commandons chacun un plat préparé devant le client : des camarons à la sauce coco pour Anouk et une langouste poêlée à l'ail pour moi. Après une petite séance d'installation du matériel nécessaire, les deux garçons, gais comme des pinsons, font mijoter nos plats sous nos yeux et nous expliquent étape par étape la composition du plat. Par là-dessus arrive tout un groupe de musiciens mexicains qui nous interprètent trois tubes estampillés "lune de miel" : "alegre y romantico". J'offre une rose rouge à Anouk et déguste un "mezcal", cet alcool dans lequel macère un gros vers blanc gisant au fond de la bouteille... Toute cette ambiance festive nous plaît beaucoup. La mi-saison nous épargne le trop-plein de touristes et rend la localité très agréable et l'atmosphère bon enfant. Quelle différence ici avec l'ambiance ambigüe et fortement sexuée de la Thaïlande ! Nous rentrons enfin à notre hôtel pour y passer une bonne nuit de repos.

Posté par guilbertph à 02:27 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]